Lettres du 8 mars aux femmes prisonnières politiques

Il y a un peu plus d'une semaine, nous avons fait un atelier d'écriture de lettres aux prisonnières politiques en Turquie et une amie est intervenue pour présenter la situations de prisonnières politiques basques en France et en Espagne. Nous avons cete fois ci écrit une lettre à Sebahat TUncel, Gulten Kisanak, Gulser Yildirim, Selma Irmak et Esra. Vous trouverez ci-dessous la traduction en francais de l'article de Selma Akkaya paru dans le journal Yeni Ozgur Politika (http://www.yeniozgurpolitika.org/index.php?rupel=nuce&id=67961) ainsi que les adresses pour vous aussi leur écrire des lettres et les soutenir !

Des femmes solidaires envoient des cartes pour le 8 mars
Selma Akkaya/Paris

A l’approche de la journée internationale des travailleuses du 8 mars, des femmes françaises, basques et kurdes ont envoyé à des prisonnières kurdes et basques les cartes qu’elles avaient confectionnées.

Lecture de la lettre d’une prisonnière basque.

Les femmes rassemblées à l’appel du Collectif Solidarité Femmes Kobanê ont commencé par lire une lettre qu’une prisonnière basque leur avait envoyée. Elle commençait par ces mots : « Nous sommes des femmes qui luttent pour une société libre et pour un Euskal Herria libre. Les Espagnol.es et les Français.es n’acceptent pas nos revendications. Chaque jours, les nôtres sont emprisonné.es ». La lecture de cette lettre a été l’occasion d’évoquer les espoirs et les rêves des prisonnières.
La lettre évoquait aussi les tortures subies par les prisonnières en Espagne et en France : « Certaines d’entre nous voudraient être mères, mais elles n’auront pas cette chance, à cause des années passées en prison. Nos enfants grandissent en prison avec nous. Ils veulent domestiquer les femmes qui luttent et les transformer en femmes au foyer. Nous sommes condamnées deux fois dans les médias, les commissariats, les centres de torture. Nous, les 51 femmes emprisonnées, dont 13 en Espagne, nous sommes maintenues à l’isolement dans les conditions les plus difficiles. » La lettre continuait en soulignant que face à ces difficiles conditions d’isolement, la croyance en la liberté et la paix grandissaient encore.

La solidarité envers les prisonnières kurdes

Après la lecture de la lettre, des cartes ont été rédigées pour des prisonnières kurdes, parmi lesquelles Gültan Kışanak, Sebahat Tuncel, Selma Irmak. Celles qui rédigeaient les cartes ont tenu à exprimer leur solidarité envers les femmes kurdes : « Dans l’histoire de la lutte des femmes, il y a toujours eu des emprisonnements. Aujourd’hui, c’est vous qui payez ce prix, au nom de vos croyances dans le futur. Ce 8 mars, nous répétons ensemble, contre toutes les sortes d’emprisonnements des femmes : Femme, vie liberté ! ».
Elles ont salué l’espoir de paix et de liberté
Dans les lettres adressées aux prisonnières basques, les femmes ont souligné l’importance de leur lutte contre les dures conditions d’emprisonnement et elles ont salué leurs espoirs de paix et de liberté.
Ces cartes pleines d’espoir ont été décorées de dessins, mises dans des enveloppes et ont pris le chemin des cellules. "

Voici les adresses pour leur écrire :
- GULTEN KISANAK, KOCAELI KANDIRA 1 NOLU F TIPI CEZAEVI, KOCAELI/TURQUIE

- SEBAHAT TUNCEL, SILIVRI 9 NOLU F TIPI CEZAEVI, SILIVRI/ISTANBUL/TURQUIE

- GULSER YILIDIRIM, Kocaeli Kandira 1 NOLU TIPI CEZAEVI – KOCAELI/TURQUIE

- Selma Irmak, SILIVRI 9 NOLU F TIPI CEZAEVI, SILVIRI/ISTANBUL/TURQUIE

- Pour Esra : Salih ARIKAN, ESKISEHIR H TIPI KAPALI CEZAEVI , ESKISEHIR/TURQUIE